Mal des montagnes : 7 conseils pour le surmonter

Surmonter le mal aigu des montagnes

Lors d’une randonnée à une altitude élevée, d’un trek ou d’une ascension dans les montagnes du Pérou, des Alpes ou de l’Himalaya, vous devez impérativement faire attention au mal des montagnes, qui peut arriver bien plus rapidement qu’on ne le pense. Symptômes, causes et moyens de l’éviter : on vous dit tout dans cet article…

Le mal des montagnes (également appelé Mal Aigu des Montagnes, ou MAM) est un problème rencontré par de nombreux randonneurs, skieurs et autres alpinistes, qui pratiquent leur sport en altitude.

Ce que l’on nomme mal des montagnes correspond en fait à plusieurs symptômes, qui ont tendance à se manifester rapidement, lorsque l’on se trouve à une attitude plus élevée qu’à notre habitude.

Ces maux arrivent assez fréquemment aux personnes qui passent trop rapidement d’une altitude basse à une altitude élevée. En montant, la pression atmosphérique se réduit, et les niveaux d’oxygène dans les poumons et le sang se mettent à diminuer.

Fort heureusement, le MAM n’est pas immuable : notre corps peut parfaitement supporter l’altitude, mais il faut qu’il s’y adapte de manière progressive.

Dans cet article, nous nous plongeons en profondeur dans le mal des montagnes, de ses causes à ses symptômes, et nous vous donnerons quelques conseils pour l’éviter et pour réagir du mieux possible si vous vous mettez à le ressentir.

Pas d’inquiétude : avec un peu de patience et de vigilance, vous devriez parfaitement y arriver.

Allons-y !


Quelles sont les causes du mal aigu des montagnes ?


Femme qui marche en randonnée en montagne

En altitude, votre corps respire un air différent que celui que vous percevez à un niveau plus proche de la mer : celui-ci est moins chargé en oxygène, car la pression de l’air diminue (1)

Lorsque la pression diminue, l’air est moins chargé en molécules, et donc en oxygène, en azote et en CO2. Prenons un exemple : l’air du Mont Everest (le sommet le plus haut sur la planète, avec plus de 8849 mètres d’altitude (2)) est 3 fois moins chargé en air que l’air que l’on retrouve au niveau de la mer !

Ainsi, le MAM vient d’un manque d’oxygène dans le sang, provoqué par la respiration d’un air moins chargé en molécules d’oxygène. Voilà tout ! 

Par ailleurs, il faut savoir que l’altitude à laquelle vous vivez habituellement possède une grande importance, car votre corps s’y est adapté tout au long de votre vie.

Pour conséquence, une personne qui vit en plein cœur des Alpes, ou dans les hauteurs du Pérou, aura généralement moins de chance d’être atteint de mal aigu des montagnes qu’une personne qui vit au bord de la mer ou en plaine !

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Les symptômes du MAM


Le MAM possède des symptômes légers, qui peuvent être gérés par les personnes qui en souffrent sans avoir à redescendre la montagne, et d’autres qui relèvent de l’urgence médicale, pour lesquels le risque est trop important pour continuer l’ascension.

Découvrons ensemble les divers signes relatifs au mal aigu des montagnes, en commençant par les symptômes légers

  • Accélération des battements de coeur ;
  • Mal de tête ; 
  • Sensation de fatigue générale ;
  • Vertiges, sensation de malaise et nausées ; 
  • Perte d’appétit ; 
  • Vomissements ;
  • Essoufflement ;
  • Troubles du sommeil.

Ces symptômes peuvent être handicapants, mais ne sont pas graves : il vous faut néanmoins prendre une pause de quelques heures, voire quelques jours, et revenir à une altitude plus basse pour vous acclimater.

Très rapidement, les symptômes disparaîtront, et, après avoir repris du poil de la bête, vous pourrez reprendre votre voyage.

Passons désormais aux symptômes d’un MAM plus grave

  • Les mêmes symptômes que pour un mal des montagnes léger, en plus intenses
  • De la confusion ;
  • Un menton qui devient gris, bleu ou très pâle ;
  • Une toux et un essoufflement continus
  • Des difficultés à tenir debout et à marcher ; 
  • Des hallucinations visuelles, une vue qui se trouble ;
  • Une sensation d’oppression.

Si ces symptômes apparaissent lors de votre voyage ou de votre ascension, essayez de garder votre calme, et de redescendre dès que possible à une altitude plus basse. Une fois arrivé, consultez un médecin pour vérifier votre état de santé.

Le MAM peut entraîner des complications, tels qu’un œdème au niveau du cerveau et/ou du poumon, pouvant être mortel dans certains cas. 

Faites bien attention aux premiers signes des symptômes ci-dessus !

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Que faire en cas de mal des montagnes ?


Randonneur seul en montagne

Lorsque vous êtes à une altitude élevée et que les symptômes décrits dans le point précédent se présentent, voici ce que vous pouvez faire

  • Informez la/les personne(e) qui vous accompagnent que vous ne vous sentez pas bien ; 

  • Restez là où vous êtes, et essayez de vous reposer jusqu’à ce que vous vous sentiez mieux : arrêtez l’ascension ;

  • Prenez du paracétamol ou de l’ibuprofène pour calmer les symptômes ; 

  • Si la situation ne s’améliore pas, redescendez accompagné à une altitude plus basse (entre 300 et 1000 mètres), et reposez-vous. Si les symptômes ressentis sont plus graves, rendez vous chez un médecin.

En général, les signes du mal des montagnes s’atténuent en quelques heures, ou en quelques jours.

Une fois remis sur pieds, vous pourrez reprendre votre ascension, et monter à une altitude plus élevée.

Faites bien attention aux différents symptômes que vous ressentez, et ne prenez pas de risques inconsidérés pour continuer votre voyage : mieux vaut prendre un peu de retard, pour pouvoir rester en bonne santé.

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7 conseils pour éviter le mal des montagnes


Au vu des risques graves d’œdème pulmonaire ou cérébral, mais aussi des troubles moins alarmants, le mieux est d’éviter le mal des montagnes. 

Dans cette partie, on vous donne 7 conseils simples à suivre pour protéger votre santé et votre organisme. 

1 – Prenez votre temps pour monter en altitude

Ce conseil tombe sous le sens, mais c’est néanmoins le plus important

En effet, votre corps nécessite deux à trois jours d’acclimatation pour monter en altitude et s’adapter au changement de pression. 

Ainsi, évitez de prendre l’avion pour vous rendre directement en altitude lors de votre séjour. Certaines villes en Amérique du Sud, comme Cuzco au Pérou ou La Paz en Bolivie, possèdent des aéroports à plus de 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer : mieux vaut prendre votre temps, et y monter progressivement.

Essayez donc de segmenter votre séjour en plusieurs étapes, qui vous permettront de vous reposer et de graduellement monter en altitude. 

A pied, essayez de planifier votre voyage en fonction de l’altitude à laquelle vous souhaitez vous rendre. Dans la mesure du possible, essayez de ne pas parcourir plus de 300 mètres d’altitude chaque jour, et de prévoir 24 heures de repos pour chaque palier de 1000 mètres d’altitude franchi.

2 – Pensez à manger des glucides

Ce n’est pas souvent qu’on nous conseille de manger davantage de glucides, qui correspondent aux sucres : on va faire quelques heureux !

Eh oui : en altitude, le corps fournit un effort supplémentaire, et brûle plus de calories. Il vous faut donc prévoir de nombreux en-cas sucrés… et sains, si possible (fruits, chocolat, barres de céréales, …).

Randonneur seul au sommet d'une montagne

3 – Évitez l’alcool, les somnifères et la cigarette

Cigarette, alcool et certains médicaments comme les somnifères peuvent augmenter les effets liés au mal des montagnes. Pour limiter les troubles et les risques d’apparition des premiers symptômes, évitez donc de boire, de fumer ou de consommer des somnifères durant votre moment en altitude.

Cela aidera votre corps à s’adapter plus facilement à son environnement !

4 – Buvez suffisamment d’eau

Comme toujours en randonnée et lorsque l’on fait du sport en général, il est primordial de garder une hydratation suffisante pour éviter le mal des montagnes.

Ainsi, buvez plus d’eau que d’habitude durant votre trek en montagne ou votre ascension.

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5 – Avancez à votre rythme

Grimpez à un rythme qui vous convient. N’essayez pas d’aller trop vite et ne faites pas d’exercice trop intense.

6 – Dormez moins longtemps qu’à l’accoutumée

Le mal des montagnes a tendance à s’aggraver durant la nuit, pendant que vous dormez. 

Alors, mieux vaut faire une ascension plus élevée durant la journée, et revenir à une altitude plus basse pour dormir, en particulier si le dénivelé est élevé.

Mieux vaut manquer un peu de sommeil que de souffrir d’un œdème, ou de ressentir les premiers effets du mal des montagnes !

Deux randonneurs sur un dénivelé de montagne

7 – Prenez des médicaments avec vous

Avant de partir, essayez de vous procurer de l’acétazolamide. La prise de ce médicament deux jours avant et pendant le voyage aiderait à éviter de souffrir du mal des montagnes. 

L’acétazolamide est un médicament généralement utilisé pour traiter le glaucome. Néanmoins, en raison de son fonctionnement, il peut également aider à prévenir le mal des montagnes. 

Attention : vous risquez tout de même de souffrir du mal des montagnes, même en ayant pris de l’acétazolamide

De plus, si les premiers symptômes apparaissent, le médicament ne pourra pas les atténuer : le seul traitement qui fonctionne est de retourner à une altitude plus basse, comme nous le précisions plus haut.

L’ibuprofène ou le paracétamol peuvent, quant à eux, aider à calmer certains symptômes.


Pour conclure…


Il est malheureusement impossible de savoir à l’avance comment votre corps pourrait réagir face au défi que constitue une ascension en haute altitude. 

Ainsi, la seule chose que vous pouvez faire est de prendre votre temps pour gravir la montagne, de mettre en pratique les quelques conseils ci-dessus, et de ne pas hésiter à redescendre si la situation ne s’améliore pas.

En cas de problèmes de santé (problèmes cardiaques ou pulmonaires, difficultés respiratoires ou diabète, notamment), consultez votre médecin avant d’entreprendre un voyage en haute altitude.

Nous rappelons que NatureChaussures ne comporte aucun médecin dans son équipe : cet article est le fruit de nos expériences, et de longues heures de recherche sur Internet, afin de vous donner des conseils éclairés.

Prenez du plaisir en montagne, mais n’oubliez pas d’être bien prudents en ce qui concerne le mal des montagnes !

Et pour ceux qui préfèrent, on vous propose une petite vidéo sur le sujet, qui explique tout ce qu’il faut savoir sur le MAM :

Sources :

(1) Pourquoi l’air contient-il moins d’oxygène en montagne ? – Futura-Sciences.com

(2) L’Everest mesure finalement 8 848,86 m, après négociation entre le Népal et la Chine – Leparisien.fr